Vania Vaneau

© Jean Rochereau
© Jean Rochereau

Vania Vaneau

— Parcours
Ayant eu une formation pluridisciplinaire, à PARTS notamment, où la danse contemporaine baignait dans un contexte artistique plus large, en lien avec d'autres disciplines, la nécessité de la création comme rapport au monde a toujours été présente pour moi. Dès mes débuts, très jeune, être sur scène était un espace de grande découverte, une façon d’amplifier ma relation à l’autre... J'ai commencé, dès l’enfance, la danse et le théâtre dans les pièces de mes parents, chorégraphes et metteurs en scène au Brésil, puis j’ai travaillé en tant qu'interprète avec Wim Vandekeybus, Maguy Marin en tant que danseuse permanente du CCNR, et Yoann Bourgeois, Jordi Galí et Christian Rizzo avec qui je continue de travailler.
Je vis cette expérience d’interprète comme un cheminement de construction d'une réalité partagée, où les sensibilités, les corps, les réflexions se concentrent vers une utopie commune, celle de la création. C’est aussi un endroit de partage et d’apprentissage des savoir-faire, où des rapports humains intenses et des familiarités artistiques peuvent être tissés. Mener de front mon travail de chorégraphe et d’interprète est une expérience globale autour de ce qu’engage la création, l’un et l’autre s’enrichissant mutuellement.
Tout en continuant d’être d’interprète, ce à quoi je tiens, j’ai commencé ma propre recherche qui a abouti à BLANC en 2014. Ce désir de création s’est poursuivi avec Ornement (2016) créé en collaboration avec Anna Massoni, et, aujourd’hui, se prolonge avec ORA (Orée) (2019).


— Matière
Ma recherche chorégraphique est fortement liée à un travail plastique de fabrication et manipulation de matières, costumes, masques, toiles et tissus divers, que je considère, sur scène, comme acteurs à part entière. Pour moi, le moteur de la physicalité se trouve dans le rapport avec l’environnement et les éléments plastiques.
Je considère que le rapport aux matières est une relation à différentes physicalités. C’est un rapport sensoriel et perceptif qui permet de passer des corps/matériaux/matières à la mémoire et l’imagination, qui ouvre des passages du concret à l’abstrait, du réel au fictif, de la machine au rêve…
Cet enjeu s’est d’abord concrétisé dans BLANC par la fabrication et l’utilisation de plusieurs costumes et masques transformant le corps. Le costume, comme autant de peaux successives, dont le corps se vêt et se dévêt, créant ainsi des identités provisoires et confèrant un certain pouvoir. Tels des vêtements sacrés, ils transportent le corps d’un ici et maintenant vers un ailleurs. Cette recherche s’est ensuite ouverte au concept du double, questionnant la présence et l’absence : donner vie à un costume, à une matière comme pour une marionnette et ainsi continuer d’explorer les frontières d’un état à un autre.
Ce travail sur le costume va de pair avec mon intérêt pour la couleur, qui, en tant qu’objet perceptif primordial, me permet d’aborder des questionnements sur les émotions et l’expressivité. J’aime jouer des intensités et des contrastes, le passage du noir au blanc via toutes les couleurs du prisme se reliant aux émotions, comme on passerait de l’indifférence à la tragédie, toujours en métamorphose, comme des paysages en transformation. La peau est aussi devenue un axe central : enveloppe ou membrane – nue, habillée ou peinte – elle est frontière puis seuil, espace de passage entre la passivité et l’activité, le naturel et l’artificiel, la nature et la culture.
Je cherche à explorer les frontières entre l’intérieur et l’extérieur du corps, les matières visibles et invisibles, l’organicité et la plasticité. Ce dialogue entre le corps et la matière constitue le point central où se joue, pour moi, un rapport de continuité du corps avec l’environnement.


— Corps
Je m’intéresse au fonctionnement psychique et physique du corps humain, au contexte naturel et culturel dans lequel il évolue et qui l’entoure, et comme multiples strates qui le composent. Entre rites, passages et métamorphoses, je recherche une forme d’archéologie corporelle, une façon de déplier et déployer toutes les facettes de cette palette.
Ce dialogue entre organique et plastique crée un rapport animiste où le danseur/l’acteur n’est pas systématiquement moteur et au centre de l’action, mais où l’entour, l’environnement peut devenir central : par exemple, j’envisage la machinerie du théâtre en tant qu’environnement, autrement dit comme un dispositif intégré à ma recherche qui interagit avec les corps. Je le considéré comme un acteur à part entière, permettant le passage du concret à l’abstrait, du réel au fictif, de l’animé à l’inanimé.
Ce rapport du corps à l’environnement ouvre une recherche sur le décentrement et la déhiérarchisation du corps en tant que partie d’un tout : moléculaire, animal, végétal, cosmique, musculaire, émotionnel, historique, culturel… Le plateau devient ainsi paysage : composé de plusieurs strates, plans et profondeurs, il entoure et inclut le corps, en même temps qu’il se trouve transformé par lui. Dans ce rapport à la fois passif et actif, l’acteur/danseur devient objet et élément du paysage et lui donne vie, le modifie et le transforme.
La recherche d’un état de corps poreux est ainsi l’état de base pour mon travail. Le corps n’est pas un centre mais un filtre, un organisme vivant où s’inscrivent différentes vagues temporelles et évènements. Le danseur n’est pas acteur mais vecteur/médium de forces qui le traversent et l’habitent, avec lesquelles il interagit, et avec lesquelles il fait partie d’un tout.
Ma pratique chorégraphique relie ces différents éléments en créant ou recréant des expériences physiques qui s’inspirent de certaines pratiques de transe, chamaniques ou de pratiques somatiques comme le BMC (Body Mind Centering) ou le Mouvement Authentique. En puisant dans certaines sources théoriques de psychologie, d’anthropologie, de physique quantique, de philosophie, ainsi qu’au cœur d’images, peintures, ma recherche entremêle des points de vue à la fois scientifiques et spirituels, empiriques et théoriques, dans l’objectif d’aboutir à une forme vivante : une expérience sensorielle, esthétique et poétique.
De même, je cherche un rapport avec le public qui se situe dans un espace « entre », poreux, empathique : un espace qui permette de se confronter à des sensations, des plasticités et des images impulsées sur scène qui puissent continuer d’être vécues et inventées en et par chaque spectateur. L’espace du théâtre convoque une rencontre qui est à la fois artificielle et magique, réelle et fictive, qui relève pour moi davantage de l’expérience


— Processus de création
Ma recherche étant liée aux matières, mon processus de création commence souvent par l’accumulation de matériaux et objets de tous types, ce qui constitue une sorte de bibliothèque, un vocabulaire préalable à partir duquel s’entame un dialogue avec la recherche sur le mouvement.
En parallèle, j’expérimente certaines pratiques, a priori dans des domaines sans rapport avec la danse mais qui concernent directement les thématiques et les questionnements que je souhaite aborder. C’est d’abord un moyen de comprendre ce qui résonne avec ma propre pratique et mon intuition d’une transformation possible par la création. M’initier à certaines techniques me permet également de traverser des états de corps nouveaux pour en transmettre l’expérience et écrire avec les interprètes. Cette recherche par la pratique d’états de corps est complétée par une recherche en sciences humaines, là aussi pour aller puiser des bases et des sources de travail ailleurs que dans le champ chorégraphique.
Les collaborateurs, interprètes comme créateurs son, lumière ou scénographe, ont alors une place importante dans l’élaboration de chaque création. Différents d’une pièce à une autre, en regard des enjeux spécifiques soulevés par chaque pièce, ils sont associés au processus de recherche


Plus d'informations : http://arrangementprovisoire.org

Dates surlignées : activités ouvertes au public

Archives

mars 2020

  • 5 mars au 9 avril
    Exposition "From a speck of dust to strange things" de Geoffrey Badel

    La chambre d'écho, ICI—CCN
    → mercredis et jeudis de 14h à 18h / vendredis de 14h à 17h [entrée libre]

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  • 18
    T — Jordi Galí
  • 23 mars au 4 avril
    Résidence de recherche et de création : Catarina Miranda

    ICI—CCN

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  • 24
    Atelier EN COMMUN
  • 25 au 26
    "une maison" de Christian Rizzo
  • 30 au 31
    "une maison" de Christian Rizzo

    Théâtre de Hautepierre, Strasbourg
    — dans le cadre du festival EXTRADANSE - Pôle Sud CDCN Strasbourg

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avril 2020

  • 1
    Le club de danse — Catarina Miranda

    Studio Bagouet, ICI—CCN
    → de 19h à 21h [tous publics]

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  • 2
    Fenêtre sur résidence — Catarina Miranda

    Studio Bagouet, ICI—CCN
    → 19h [entrée libre]

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  • 3
    "une maison" de Christian Rizzo

    Maison de la Culture, Amiens

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  • 5 au 6
    "d'à côté" de Christian Rizzo

    TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers, Scène nationale

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  • 14 au 30
    Résidence Par/ICI : nyamnyam

    ICI—CCN

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  • 15 au 16
    "une maison" de Christian Rizzo

    La Comédie de Clermont-Ferrand, Scène nationale

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  • 16
    Fenêtre sur résidence — Michèle Murray

    Montpellier Danse – Studio Cunningham / Agora
    → 18h [entrée libre sur réservation]

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  • 20
    Par/ICI: — nyamnyam

    8000 ans plus tard, ouverture de l'installation
    La chambre d'écho, ICI—CCN et autres
    → 19h

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  • 20 au 24
    Pratique du matin/exerce — Carme Torrent

    ICI—CCN
    → 10h à 12h [danseurs professionnels]

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  • 21
    Atelier EN COMMUN

    mené par Christine Jouve et Catherine Beziex
    Studio Yano, ICI—CCN
    → de 18h30 à 20h30 [tous publics]

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  • 23
    Par/ICI: — nyamnyam

    Rencontre avec Isabelle Ginot et Joanne Clavel
    ICI—CCN
    → 19h [entrée libre]

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  • 23 au 24
    "d'à côté" de Christian Rizzo

    L'Estive Scène Nationale de Foix et d'Ariège

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  • 28
    Atelier EN COMMUN

    mené par Christine Jouve et Catherine Beziex
    Studio Yano, ICI—CCN
    → de 18h30 à 20h30 [tous publics]

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  • 30
    Par/ICI: — nyamnyam

    8000 ans plus tard, finissage de l'installation et performance
    La chambre d'écho, ICI—CCN et autres
    → 19h

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mai 2020

  • 2
    "ad noctum" de Christian Rizzo

    Tropiques Atrium Scène nationale de Martinique, Fort-de-France
    — dans le cadre de la Biennale internationale de Danse

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  • 5
    Exerce classe ouverte — Laurent Pichaud

    ICI—CCN
    → de 14h à 17h [tous publics]

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  • 5 au 7
    "d'à côté" de Christian Rizzo

    Les 2 scènes, Scène nationale de Besançon

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  • 11
    "b.c, janvier 1545, fontainebleau." de Christian Rizzo

    Musée de L'Orangerie, Paris

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  • 18 au 20
    Publications M2 — Master exerce

    Présentation publique des travaux des étudiants en 2de année
    ICI—CCN → 19h [entrée libre]

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  • 27 au 29
    "une maison" de Christian Rizzo

    Dansens Hus - Nasjonal scene for dans, Oslo (Norvège)

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juin 2020

  • 9 au 11
    Publications M1 — Master exerce

    Présentation publique des travaux des étudiants en 1re année
    ICI—CCN → 19h [entrée libre]

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  • 15
    "100% polyester, objet dansant n° (à définir)" de Christian Rizzo

    CND, Pantin
    — dans le cadre de Camping 2020

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  • 20
    "100% polyester, objet dansant n° (à définir)" de Christian Rizzo

    CND, Pantin
    — dans le cadre de Camping 2020

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